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Les études de santé à l’étranger

Le guide pour choisir son pays et son université

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Chaque année, des milliers d’étudiants français se heurtent à la sélectivité du PASS et des L.AS. Beaucoup d’entre eux ont le niveau, la motivation et la maturité pour devenir médecin, dentiste, kinésithérapeute, pharmacien ou vétérinaire. Ce qui leur manque, c’est une place. Partir faire des études de santé à l’étranger est devenu pour eux une alternative académique désormais bien établie, et non plus un plan de secours honteux.

Mais c’est aussi un projet qui ne s’improvise pas : entre la reconnaissance des diplômes, les modalités d’admission propres à chaque pays et le niveau de langue exigé, les erreurs de parcours coûtent cher, en temps comme en argent. Voici ce qu’il faut vraiment comprendre avant de vous lancer, destination par destination, avec les règles en vigueur pour la rentrée prochaine.

Où exercer après des études de santé à l’étranger ?

C’est le point de départ de toute réflexion sérieuse, et c’est celui que trop de familles abordent en dernier. Le choix du pays d’études détermine largement le pays d’exercice.

Option A : étudier au sein de l’Union européenne

Choisir une formation au sein de l’Union européenne facilite généralement un retour professionnel en France, mais les règles de reconnaissance varient selon la profession concernée.

Les diplômes de médecin, chirurgien-dentiste, pharmacien et vétérinaire peuvent bénéficier du mécanisme européen de reconnaissance automatique (directive 2005/36/CE), à condition que la formation et le diplôme répondent aux exigences fixées par la réglementation européenne.

La situation est différente en kinésithérapie. Le diplôme fait l’objet d’une étude par l’autorité compétente française, qui vérifie la durée, le contenu et les stages de la formation. Selon les écarts constatés, un stage d’adaptation ou une épreuve d’aptitude peut parfois être demandé.

Le choix de l’université et du programme doit donc être vérifié avec précision avant toute candidature : le fait d’étudier dans l’Union européenne ne suffit pas, à lui seul, à garantir une reconnaissance automatique dans toutes les professions de santé.

Option B : Hors Union européenne

Hors UE, le tableau change radicalement. Étudier la médecine au Canada, aux États-Unis ou en Australie est un excellent projet si votre objectif est de vous installer durablement dans le pays. En revanche, si vous envisagez un retour en France, vous devrez passer par la procédure d’autorisation d’exercice (PAE), un parcours long, très sélectif et sans aucune garantie de succès, y compris pour d’excellents praticiens.

💡 L’avis de l’expert Study Experience : Sauf projet d’expatriation assumé et réfléchi, un étudiant français qui vise une carrière de santé en France ou en Europe doit privilégier une université d’un pays membre de l’Union européenne. Nous détaillons plus loin ce que cela implique concrètement pour les États-Unis, le Canada, l’Australie et, cas particulier depuis le Brexit, le Royaume-Uni.

Quelles filières, pour quels profils ?

Cinq spécialités réglementées concentrent l’essentiel des candidatures internationales, et chacune obéit à sa propre logique :

  • La médecine et le dentaire : Cursus longs, généralement de six ans pour la médecine et de cinq à six ans pour le dentaire. Les admissions sont structurées autour d’examens scientifiques exigeants, dispensés en anglais ou dans la langue du pays. Ce sont les filières où la préparation en amont pèse le plus lourd.
  • La kinésithérapie : Elle attire un volume considérable d’étudiants français, principalement vers l’Espagne et la Belgique. L’Espagne propose des cursus de quatre ans, dont certains démarrent partiellement en français avant de basculer progressivement vers l’espagnol pour faciliter la transition.
  • La pharmacie : Cette profession de santé réglementée bénéficie également des mécanismes de reconnaissance européens. De plus en plus d’universités en Espagne et en Italie proposent des cursus de pharmacie très modernes, souvent accessibles en anglais ou en espagnol.
  • Le vétérinaire : C’est l’une des filières les plus sélectives de France. L’Espagne, la Belgique ou la Hongrie offrent des alternatives crédibles, avec des infrastructures cliniques souvent remarquables.

Destination par destination : le guide pratique

L’Espagne : la sélection sur dossier, sans concours couperet

L’Espagne s’est imposée comme la destination de référence pour la kinésithérapie, le dentaire, la pharmacie et le vétérinaire. Les universités privées espagnoles ne pratiquent pas de concours national éliminatoire : la sélection repose principalement sur le dossier scolaire (les notes de Première et de Terminale pèsent lourd), complété par des tests propres à chaque établissement (épreuves de langues, tests psychotechniques ou entretien de motivation).

Cette logique change tout pour un élève de Terminale : votre admission se joue sur deux années de travail régulier, pas sur une épreuve unique. C’est une chance pour les bons dossiers, mais c’est aussi un calendrier qui se prépare tôt, car les universités privées de référence clôturent leurs admissions bien avant l’été. Côté budget, comptez entre 8 000 € et 20 000 € par an selon la filière et l’établissement.

🎯 Comment Study Experience vous accompagne en Espagne : Nous gérons pour vous l’obtention de la Credencial UNED (l’équivalence obligatoire de votre baccalauréat), préparons vos dossiers de candidature pour cibler les universités privées espagnoles de référence (UEM, CEU San Pablo, UAX…) et vous préparons aux entretiens et tests de sélection spécifiques.

L’Italie : l’excellence anglophone, avec un fort accent sur le privé

L’Italie est devenue une destination incontournable pour étudier la médecine en anglais au sein de l’Union européenne. Elle propose deux voies d’accès bien distinctes, la filière privée offrant les opportunités les plus stratégiques pour les étudiants internationaux.

  • Les universités privées : la voie royale et stratégiqueDes établissements de premier plan comme Humanitas UniversityVita-Salute San Raffaele (Milan), UniCamillus ou l’Università Cattolica (Rome) proposent des cursus de médecine d’excellence entièrement en anglais. Contrairement au public, ces universités ne dépendent pas du concours national (l’IMAT) et recrutent via leurs propres examens d’admission (QCM scientifiques et de logique). Les calendriers étant très précoces (dès l’automne/hiver précédant la rentrée), cela permet de multiplier ses candidatures et de sécuriser sa place bien avant l’été. Budget : comptez plusieurs dizaines de milliers d’euros par an.
  • Les universités publiques : très sélectives et économiquesElles proposent également des cursus en anglais, mais l’admission repose sur un concours national unique et ultra-compétitif : l’IMAT (QCM scientifique). Les frais de scolarité y sont très bas (calculés selon les revenus familiaux), mais le taux de réussite y est faible. (Note : les cursus en italien publique sont désormais régis par un « semestre filtre » commun très sélectif nécessitant un niveau C1).

La Hongrie et la Lituanie : la rigueur scientifique à l’Est

Ces deux pays disposent d’universités médicales historiques et solidement réputées, comme Semmelweis à Budapest ou la LSMU à Kaunas. L’enseignement s’y fait intégralement en anglais, et l’admission repose sur un examen d’entrée, écrit et oral, portant sur la biologie, la chimie et l’anglais médical. C’est une sélection exigeante, mais transparente et formatrice.

Le coût de la vie y est sensiblement plus abordable qu’en Europe de l’Ouest, mais les frais de scolarité s’y situent entre 10 000 € et 18 000 € par an. Ces destinations conviennent particulièrement aux profils scientifiques solides, à l’aise en anglais, qui recherchent un environnement académique structuré.

🎯 Comment Study Experience vous accompagne en Hongrie et Lituanie : Partenaire officiel de ces prestigieuses universités, Study Experience sécurise votre inscription, vous fournit des annales et des modules de révision pour l’examen scientifique d’entrée, et vous accompagne pas à pas jusqu’à votre intégration sur le campus.

La Belgique : le confort du français, mais un cadre ultra-strict

La Belgique francophone reste une destination réflexe : des études en français, des frais d’inscription bas (~1 000 €/an) et des diplômes reconnus. Mais le cadre réglementaire y est très strict.

Pour la médecine et le dentaire, l’accès passe par un concours d’entrée unique, organisé par l’ARES en une seule session annuelle (fin août). Les étudiants non-résidents, dont les Français, ne peuvent représenter plus de 15 % des admis. La vraie concurrence pour un candidat français se joue donc à l’intérieur de ce quota très serré. Autre règle essentielle : chaque candidat dispose de deux tentatives maximum sur cinq ans.

Pour la kinésithérapie et le vétérinaire, la logique est différente : les places réservées aux non-résidents (environ 30 % du total) sont attribuées par tirage au sort fin août. Le hasard fait donc partie de l’équation, ce qui impose d’avoir systématiquement un plan alternatif.

⚠️ Règle d’exclusion majeure : Un étudiant qui a échoué deux fois aux concours d’accès aux filières de santé en France (PASS/L.AS) au cours des cinq dernières années devient automatiquement « non finançable » en Belgique pour la médecine, le dentaire et la kinésithérapie.

La Roumanie : une voie accessible, à évaluer avec lucidité

Les universités roumaines de Cluj-Napoca ou de Iași accueillent chaque année de nombreux francophones en médecine et en dentaire, avec des cursus dispensés en français ou en anglais et une sélection sur dossier plus accessible. Le coût de la vie y est bas et les frais de scolarité, entre 5 000 € et 8 000 € par an, restent modérés.

Cette accessibilité a toutefois des contreparties. D’abord, la langue : si les cours théoriques sont en français, les stages cliniques se déroulent dès la troisième année au contact direct des patients roumains. L’apprentissage de la langue locale est donc une nécessité absolue. Enfin, si le diplôme roumain est légalement reconnu en Europe, certains Ordres professionnels français examinent avec une attention particulière les dossiers des diplômés de ces filières au moment de l’inscription.

États-Unis, Canada, Australie : des systèmes fermés ou presque

Les destinations anglo-saxonnes hors Europe fascinent, mais pour un bachelier français, ces systèmes sont soit fermés, soit réservés à des projets d’expatriation définitive.

  • Aux États-Unis : La médecine s’étudie en « post-graduate ». Il faut d’abord obtenir un bachelor scientifique de quatre ans (Pre-Med), valider le concours MCAT, puis candidater aux Medical Schools pour quatre années supplémentaires (coût total dépassant fréquemment les 400 000 $). La quasi-totalité des établissements n’acceptent pas les candidats internationaux.
  • Au Canada : Les facultés canadiennes réservent la quasi-totalité de leurs places aux résidents de leur propre province. Même au Québec, les filières de médecine, dentaire et vétérinaire restent des filières contingentées où les candidats internationaux n’ont pratiquement aucun accès en premier cycle.
  • En Australie : Les universités australiennes accueillent des étudiants internationaux en médecine, soit directement après le lycée via des cursus de 5 à 6 ans (sélection sur dossier, test UCAT et entretiens), soit après un premier diplôme (Graduate Entry). Les frais de scolarité sont très élevés (souvent au-delà de 45 000 € par an), et le diplôme vous placera dans la procédure d’autorisation d’exercice (PAE) réservée aux diplômés hors UE à votre retour. Cette voie est idéale si vous souhaitez faire votre carrière en Australie.

🎯 Comment Study Experience vous accompagne en Australie : En tant que représentant d’universités australiennes, nous maîtrisons parfaitement leurs exigences. Nous vous aidons à monter un dossier académique solide et à préparer les tests requis (UCAT/GAMSAT) ainsi que les entretiens de sélection.

Le Royaume-Uni : l’impact du Brexit

Depuis le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni est juridiquement une destination hors Union européenne.

Les diplômes de médecine britanniques ne bénéficient plus de la reconnaissance automatique européenne. Leurs titulaires sont considérés en France comme des praticiens à diplôme hors Union européenne, soumis aux procédures de la PAE. Une loi du 15 mai 2026 est venue corriger cette situation, mais uniquement pour les médecins ayant débuté leur formation avant le 31 décembre 2020. Pour un bachelier débutant ses études aujourd’hui, le diplôme sera traité comme un diplôme hors UE à son retour.

À cela s’ajoute une sélectivité redoutable via la plateforme UCAS (maximum 4 vœux en médecine), un test d’aptitude obligatoire (l’UCAT), des entretiens exigeants et des frais de scolarité internationaux oscillant entre 35 000 £ et 50 000 £ par an.

🎯 Comment Study Experience vous accompagne au Royaume-Uni : Le Royaume-Uni reste un choix remarquable pour un étudiant visant une carrière internationale ou au sein du système de santé britannique (NHS). Grâce à notre expertise historique du système UCAS, nous optimisons votre candidature, vous préparons au test UCAT et vous entraînons aux entretiens d’admission.

Synthèse : quel pays pour quel projet ?

DestinationFilières principalesLangueAdmissionRetour en France
EspagneDentaire, kiné, vétérinaire, médecineEspagnol, anglais, parfois françaisDossier, tests et entretienCadre européen, à vérifier selon la profession (automatique ou individuel)
ItalieMédecine, dentaireAnglais ou italienIMAT, semestre ouvert ou concours privésCadre européen (reconnaissance automatique)
Hongrie / LituanieMédecine, dentaire, vétérinaireAnglaisExamens scientifiques et entretienCadre européen (reconnaissance automatique)
BelgiqueMédecine, dentaire, kiné, vétérinaireFrançaisConcours, quotas ou tirage au sortCadre européen (reconnaissance automatique ou individuel)
Royaume-UniMédecine, dentaire, vétérinaireAnglaisUCAS, UCAT et entretiensReconnaissance non automatique (Hors-UE)
AustralieMédecine, dentaire, vétérinaireAnglaisDossier, tests et entretiensDiplôme hors UE (Soumis à la PAE)

Comment transformer ce projet en réussite ?

Un projet d’études de santé à l’étranger réussi repose sur trois piliers majeurs à construire bien en amont :

  1. L’anticipation : Les candidatures pour les universités d’Espagne ou d’Italie (privées) débutent souvent à l’automne/hiver de votre année de Terminale. Attendre les résultats de Parcoursup en juin vous fermera la quasi-totalité des options internationales.
  2. La langue d’études : Suivre des cours de physiologie ou d’anatomie en anglais ou en espagnol demande un niveau académique B2 robuste dès le départ. Pensez également à l’apprentissage de la langue locale obligatoire pour vos futurs stages à l’hôpital.
  3. Le budget global : Au-delà des frais de scolarité, chiffrez rigoureusement le coût de la vie locale, le logement, les assurances et les trajets réguliers vers la France.

La meilleure destination n’est pas la plus prestigieuse sur le papier, mais celle qui correspond fidèlement à votre profil scolaire, à vos compétences linguistiques, à votre budget et à vos objectifs professionnels d’exercice. Un accompagnement structuré, initié dès la classe de Première ou le début de la Terminale, permet précisément de faire ces arbitrages avec méthode plutôt que dans l’urgence.

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