Si vous vous êtes déjà renseigné sur ce sujet, il y a de bonnes chances que ce que vous avez lu soit dépassé. Le 21 janvier 2026, le TOEFL iBT a connu la refonte la plus profonde de son histoire récente. En parallèle, l’IELTS abandonne progressivement son format papier. Les deux tests que la plupart des articles décrivent encore n’existent plus sous cette forme. Voici où en sont réellement les choses, et surtout comment trancher.
La bonne question n’est pas « lequel est le meilleur »
Commençons par écarter le faux débat. L’IELTS et le TOEFL évaluent la même chose, avec un niveau d’exigence comparable, et aucun des deux n’est intrinsèquement plus facile que l’autre. Les comparatifs qui prétendent le contraire vous font perdre du temps.
La vraie question est autre : quel test votre projet exige-t-il réellement ? Et derrière cette question s’en cache une seconde, que presque personne ne pose au bon moment : votre destination impose-t-elle une contrainte de visa qui rend l’un des deux tests inutilisable ?
C’est ce qui arrive chaque année à des candidats qui passent le mauvais test, obtiennent un excellent score, et découvrent trop tard qu’il ne leur sert à rien pour leur démarche. Nous allons donc raisonner à l’envers : d’abord la destination, ensuite le test.
Le TOEFL a changé en janvier 2026, et le changement est majeur
Si vous avez commencé à préparer le TOEFL sur des ressources antérieures à 2026, prenez le temps de lire ce paragraphe attentivement.
Depuis le 21 janvier 2026, ETS a raccourci le test. Les temps de section annoncés totalisent environ quatre-vingt-dix minutes, et il faut compter à peu près deux heures en incluant les consignes, contre trois heures pour les versions plus anciennes. Il n’y a plus de pause programmée.
Les sections Reading et Listening sont désormais adaptatives par étapes. La difficulté des questions s’ajuste selon vos performances précédentes, ce qui signifie que deux candidats ne passent pas exactement le même test. Les tâches ont également été repensées pour se rapprocher de situations réelles, avec des courriels, des annonces ou des échanges de campus plutôt qu’uniquement des textes académiques denses.
Le changement le plus lourd de conséquences concerne la notation. Le TOEFL abandonne le 0 à 120 que tout le monde connaissait au profit d’une échelle de 1.0 à 6.0, par demi-points, alignée sur le Cadre européen commun de référence. Vous recevez quatre scores de section et un score global, ce dernier correspondant à la moyenne des quatre sections arrondie au demi-point le plus proche. Pendant une période de transition de deux ans, un score comparable sur l’ancienne échelle 0 à 120 figure également sur le rapport.
Cette transition mérite votre vigilance. Un établissement qui exige historiquement un 100 sur 120 doit désormais traduire cette exigence sur la nouvelle échelle, et tous ne l’ont pas encore fait de manière limpide. Avant de réserver, vérifiez sur la page du programme visé, et non sur la page générale de l’université, si les exigences ont été mises à jour.
Deux éléments utiles subsistent. Les résultats arrivent sous soixante-douze heures, ce qui est rapide. Et la fonctionnalité MyBest Scores demeure : elle combine vos meilleurs scores par section sur vos différentes tentatives des deux dernières années. Attention toutefois, toutes les universités ne l’acceptent pas, et il faut le vérifier au cas par cas.
Enfin, une précision qui met fin à une confusion fréquente : le TOEFL sur papier n’existe plus. La TOEFL iBT Paper Edition n’est plus proposée depuis janvier 2024. Le TOEFL se passe aujourd’hui dans un centre agréé ou, là où l’option est disponible, à domicile via la Home Edition.
L’IELTS bascule entièrement sur ordinateur
Du côté de l’IELTS, l’évolution est moins spectaculaire mais tout aussi concrète.
Les partenaires de l’IELTS, à savoir le British Council, IDP et Cambridge, ont annoncé début 2026 l’arrêt du format papier. À partir du milieu de l’année 2026, tous les tests sont délivrés sur ordinateur, avec des calendriers qui varient légèrement selon les marchés. Une option permettant de rédiger la section Writing à la main sera proposée dans certains pays, sans garantie qu’elle soit disponible partout.
Le format lui-même ne change pas. Quatre compétences évaluées, une échelle de bandes de 1 à 9 par demi-points, un score global calculé comme la moyenne des quatre sections arrondie au demi-point. Les deux versions, Academic et General Training, subsistent, la première étant celle qui vous concerne pour des études supérieures.
L’épreuve orale reste un entretien en face-à-face avec un examinateur dans le centre de test. C’est un point de différenciation réel avec le TOEFL, sur lequel nous revenons plus bas.
Le passage à l’informatique a une conséquence directement favorable : il donne accès au One Skill Retake. Cette option vous permet de repasser une seule des quatre compétences, dans les soixante jours suivant votre test initial, sans refaire l’ensemble. Vous recevez un nouveau rapport de score, vos trois autres notes restant inchangées, et vous choisissez lequel des deux rapports transmettre. C’est utilisable une fois par test complet, et le coût représente une fraction du prix d’un test entier.
Nous insistons sur cet outil parce qu’il correspond à une situation très fréquente chez les candidats français : trois bandes solides et une seule section, souvent le Writing, qui passe sous le seuil exigé. Devoir repasser l’intégralité du test pour cette seule raison était une perte de temps et d’argent. Ce n’est plus le cas. Vérifiez simplement en amont que votre université accepte les résultats issus du One Skill Retake, la plupart le font mais toutes ne le mentionnent pas explicitement.
Le critère qui tranche vraiment : votre destination
Si vous visez le Royaume-Uni
Le TOEFL ne figure pas sur la liste des Secure English Language Tests agréés par le Home Office britannique. La refonte de janvier 2026 n’a rien changé à cette situation. Autrement dit, un score TOEFL, aussi élevé soit-il, ne peut pas être présenté là où un SELT est exigé pour votre demande de visa.
Cela ne signifie pas pour autant que le TOEFL est inutile au Royaume-Uni, et c’est ici que la plupart des articles se trompent dans un sens ou dans l’autre. Il faut distinguer deux choses.
- L’admission universitaire d’abord. De nombreuses universités britanniques, y compris au sein du Russell Group, acceptent le TOEFL iBT parmi les tests reconnus pour l’admission, avec un score minimum publié. Sur ce plan, le TOEFL fait le travail.
- Le visa ensuite. Pour un cursus de niveau licence ou supérieur, l’exigence est un niveau B2 dans les quatre compétences. Or les universités britanniques disposant du statut de sponsor avec historique de conformité peuvent évaluer elles-mêmes votre niveau d’anglais et le confirmer sur votre CAS, sans SELT distinct. C’est la voie la plus courante pour les étudiants internationaux inscrits en bachelor ou en master, et elle explique pourquoi beaucoup de candidats n’ont jamais besoin de l’IELTS for UKVI.
En revanche, si votre parcours passe par un programme de niveau inférieur au degree, typiquement une foundation year ou un cours de mise à niveau linguistique de type pre-sessional, l’exigence de visa est un B1 justifié par un SELT. Dans ce cas, un IELTS standard ne suffira pas et il vous faudra l’IELTS for UKVI, qui se passe dans des centres spécifiquement agréés. Présenter la mauvaise version peut conduire à un refus.
La règle pratique que nous appliquons est simple : ne réservez rien avant d’avoir la réponse écrite de l’université sur deux points, le test accepté pour l’admission et la méthode d’évaluation retenue pour le visa. C’est une vérification de dix minutes qui évite une dépense inutile de trois cents euros.
Si vous visez les États-Unis
Le TOEFL y bénéficie d’un ancrage historique et reste très bien identifié par les bureaux d’admission. Mais l’IELTS Academic est aujourd’hui accepté par l’écrasante majorité des universités américaines. Il n’y a donc plus, en 2026, de raison mécanique de choisir le TOEFL pour les États-Unis. Le choix se fait sur vos forces personnelles, pas sur la destination.
Une réserve toutefois : compte tenu de la transition de l’échelle, certains programmes américains n’ont pas encore aligné leurs seuils sur la notation de 1 à 6. Si vous postulez à des cursus très sélectifs, vérifiez le libellé exact avant de vous engager.
Si vous visez le Canada, l’Australie, l’Irlande ou l’Europe continentale
L’IELTS est généralement le choix le plus sûr, en particulier pour tout ce qui touche à l’immigration, où il dispose du réseau de reconnaissance le plus large. Pour les cursus dispensés en anglais aux Pays-Bas, en Espagne, en Scandinavie ou en Irlande, les deux tests sont acceptés, avec une reconnaissance de l’IELTS légèrement plus systématique.
Si vous postulez dans plusieurs pays à la fois
C’est le cas le plus fréquent parmi les dossiers que nous accompagnons, et il appelle une règle claire. Choisissez le test qui satisfait votre candidature la plus contraignante, pas celle qui vous paraît la plus probable. Dans la pratique, cela conduit à l’IELTS Academic dans la grande majorité des cas, parce que c’est le seul des deux qui couvre à la fois l’admission universitaire quasi partout et la contrainte réglementaire britannique.
Les différences de format qui comptent vraiment pour un francophone
Au-delà des questions de reconnaissance, deux différences pèsent réellement sur votre score.
La première concerne l’oral. L’IELTS vous place face à un examinateur humain, dans une conversation qui progresse et qui s’adapte à vos réponses. Le TOEFL enregistre vos réponses, qui sont évaluées ensuite. Si vous êtes à l’aise dans l’échange et que le regard de l’examinateur vous stimule, l’IELTS vous servira. Si l’idée d’un entretien vous paralyse et que vous préférez travailler seul face à un micro, le TOEFL joue en votre faveur. C’est une question de tempérament, et nous vous conseillons de la trancher en faisant une simulation de chaque format avant de réserver.
La seconde concerne l’adaptativité désormais propre au TOEFL. Un test adaptatif récompense la régularité et sanctionne durement un mauvais démarrage, puisque le niveau de difficulté proposé ensuite en dépend. L’IELTS, au format fixe, laisse davantage de place à une remontée en cours d’épreuve. Si vous savez que vous mettez du temps à entrer dans un examen, ce n’est pas un détail.
Le mythe de l’anglais britannique contre l’anglais américain
Vous lirez souvent que l’IELTS teste l’anglais britannique et le TOEFL l’anglais américain, et qu’il faudrait choisir en fonction de votre destination. C’est une idée reçue tenace et il faut s’en débarrasser.
L’IELTS utilise volontairement une diversité d’accents, britannique mais aussi américain, australien, canadien ou néo-zélandais, précisément parce qu’il évalue une capacité à comprendre l’anglais dans sa variété internationale. Le TOEFL, de son côté, a élargi ses accents depuis plusieurs années. Aucun des deux ne sanctionne l’orthographe britannique ou américaine tant que vous restez cohérent.
Cette prétendue différence ne doit donc jouer aucun rôle dans votre décision.
Budget, validité et logistique
Contrairement à ce qu’on lit souvent, les deux tests ne coûtent pas la même chose. En France, l’IELTS Academic est facturé 307 euros, et la version IELTS for UKVI 329 euros. Le TOEFL iBT se situe plutôt autour de 240 à 265 euros. L’écart avoisine donc la cinquantaine d’euros en faveur du TOEFL.
Cet écart ne doit pas devenir votre critère de décision, pour une raison simple : il est très inférieur au coût d’une erreur. Passer le mauvais test vous fait perdre l’intégralité de la somme, et souvent plusieurs semaines de calendrier.
La validité est identique : deux ans à compter de la date du test pour l’un comme pour l’autre. Anticipez ce point si vous préparez une candidature à échéance lointaine, par exemple une rentrée décalée ou un master visé dans deux ans.
Les délais de résultats se sont resserrés des deux côtés. Le TOEFL annonce soixante-douze heures. L’IELTS sur ordinateur se situe dans une fourchette de quelques jours. Le format papier, avec ses treize jours d’attente, appartient au passé.
Un dernier point logistique souvent négligé : préparez une pièce d’identité conforme aux exigences du centre, et vérifiez ce qui est demandé au moment de l’inscription. Un document non conforme le jour du test entraîne une exclusion sans remboursement.
Et les autres tests ?
Le Duolingo English Test, le PTE Academic, les certifications Cambridge et LanguageCert occupent désormais une place réelle dans le paysage, et il serait malhonnête de les passer sous silence.
Le Duolingo English Test est nettement moins cher, se passe à domicile et donne des résultats très rapides. Un nombre croissant d’universités l’acceptent pour l’admission, notamment au Royaume-Uni et en Amérique du Nord. Mais il ne figure pas sur la liste des SELT agréés par le Home Office, ce qui reproduit exactement la limite du TOEFL pour les démarches de visa britannique.
Le PTE Academic existe en version UKVI agréée, ce qui en fait une alternative crédible à l’IELTS for UKVI. Les certifications Cambridge, elles, présentent l’avantage d’une validité qui n’expire pas pour les niveaux B2 First et C1 Advanced dans un cadre académique, même si leur usage pour les visas obéit à des règles spécifiques.
La leçon à retenir est toujours la même. Une acceptation pour l’admission universitaire et une acceptation pour le visa sont deux choses différentes, décidées par deux autorités différentes. Les deux affirmations peuvent être vraies simultanément sans se contredire.
Notre recommandation
Dans la majorité des projets d’études à l’étranger que nous accompagnons, l’IELTS Academic reste le choix par défaut le plus rationnel. Il est reconnu partout, il couvre le cas britannique, et le One Skill Retake offre un filet de sécurité qui n’a pas d’équivalent aussi souple côté TOEFL.
Le TOEFL devient le meilleur choix dans trois situations précises. Si vos candidatures sont exclusivement nord-américaines. Si l’entretien oral en face-à-face constitue pour vous un obstacle psychologique réel. Ou si vous avez déjà plusieurs tentatives derrière vous et que MyBest Scores vous permet de reconstituer un profil solide, sous réserve que vos universités cibles l’acceptent.
Dans tous les cas, ne réservez pas avant d’avoir vérifié trois choses auprès de chaque établissement visé : le test accepté, le score global exigé, et le score minimum par section. Ce dernier point est celui qui fait échouer le plus de candidats. Un excellent score global ne vaut rien si une seule compétence passe sous le seuil.
Se préparer sérieusement, et une seule fois
Un test de langue se prépare comme une méthodologie, pas comme un contrôle de niveau. La différence entre un candidat qui atteint son score du premier coup et un candidat qui s’y reprend à trois fois tient rarement à son niveau d’anglais réel. Elle tient à la connaissance du format, à la gestion du temps et à la structure attendue par les correcteurs, en particulier sur les épreuves écrites et orales.
C’est exactement ce que nous travaillons dans nos formules de préparation : un test de positionnement initial pour identifier vos points faibles, des cours particuliers en ligne avec des professeurs formés à ces examens, des fiches de méthodologie et des tests blancs corrigés en conditions réelles. Pour ceux qui préfèrent l’immersion, nous organisons également des séjours linguistiques axés sur une préparation intensive.
Avant même de choisir une formule, la première étape est de déterminer quel test vous devez réellement passer. C’est une conversation de vingt minutes, et elle vous fera économiser beaucoup plus que cela.