Les études en Nouvelle-Zélande

Les études en Nouvelle-Zélande

Rencontre avec Maud, étudiant en Master à l'université d'Auckland

Bonjour Maud, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Kia ora! Je m’appelle Maud, j’ai 24 ans et je vis actuellement en Nouvelle-Zélande, aussi connue sous son nom māori, Aotearoa (The Land of the Long White Cloud).

J’ai effectué une licence de Science Politiques en France, et un semestre Erasmus au Royaume-Uni. Par la suite, j’ai poursuivi un Postgraduate Diploma in Arts en études de genre à l’Université d’Auckland et je suis maintenant étudiant en Master de recherche dans le même domaine. Ce semestre, je suis également assistant d’enseignement / chargé de TD à l’Université d’Auckland.

Quand je ne travaille pas sur ma thèse ou sur la préparation de mes cours, j’en profite pour visiter de nouveaux endroits à Auckland ou en Nouvelle-Zélande. Sinon, j’aime écouter de la musique, la natation et rencontrer des personnes qui viennent d’horizons différents.

Où as-tu effectué tes études à l’étranger et à quelle période ? 

J’effectue mes études en Nouvelle-Zélande, à Auckland depuis Février 2018.

Pourquoi as-tu choisi cette destination ? 

Beaucoup de personnes que je rencontre ici me posent cette question. Je leur réponds toujours qu’il s’agit d’une longue histoire et qu’il me faudrait une année entière pour tout expliquer ! 🙂

Pour essayer de la résumer en quelques lignes, étudier en Nouvelle-Zélande était un rêve d’ado. Ayant grandi en Nouvelle-Calédonie, j’ai découvert la Nouvelle-Zélande assez jeune et j’en suis rapidement tombé amoureux, tant pour ses paysages que pour sa culture, son Kiwi lifestyle… et son fameux accent Kiwi !

Ma fascination pour ce pays n’a fait que croître au fil des années. Dès le début de ma seconde au lycée, j’ai commencé à me renseigner sur les possibilités de continuer ma scolarité dans un lycée Néo-Zélandais, et d’y passer le NCEA (le bac Néo-Zélandais). À contrecœur, j’ai dû abandonner cette idée, principalement pour des raisons financières.

Ce n’est finalement qu’après plusieurs années d’économies — et une idée beaucoup plus précise du métier que je souhaite faire — que j’ai réussi à partir y étudier et ainsi, réaliser mon rêve.

Peux-tu nous décrire ta vie étudiante ? Qu’est-ce qui change par rapport à la France ?

Il y a pas mal de différences ! En ce qui concerne les cours, trois principales me viennent à l’esprit :

  • Tout d’abord, la relation étudiant/professeur est beaucoup plus ouverte et égalitaire. Nous appelons nos professeurs par leurs prénoms et vice-versa. Le contact humain est également important et il y a une volonté de connaître la personne derrière l’étudiant. À titre d’exemple, l’année dernière, mon lecturer a invité l’ensemble de ma classe (environ 15-20 élèves) dans un café lors du dernier cours. Nous n’avons pas parlé du cours mais de nos projets et nos intérêts en dehors de l’université.

 

  • Ensuite, le déroulé des cours est un petit peu différent. S’il y a bien des cours magistraux en amphi et des TD, les travaux de groupes et les discussions/partage d’opinions occupent une place de choix (surtout dans les Postgradute Programmes, où il y a moins d’étudiants). À cela s’ajoute un travail personnel plus important puisqu’avant chaque cours/TD, nous avons des lectures obligatoires à faire. L’ambiance est aussi plus détendue et l’année dernière, une de mes professeures nous a même emmené des gâteaux faits maison à plusieurs reprises !

 

  • Enfin, la manière dont nous structurons notre cursus est très libre. Nous pouvons choisir nos cours, et si certains ne nous plaisent pas, il est possible de les changer. Ce système nous donne la possibilité de toucher un peu à tout et d’approfondir nos centres d’intérêts. Autre point important, l’Université offre un ensemble de services (gratuits) pour aider les étudiants, notamment sur le plan académique (comme par exemple des workshops pour améliorer son écriture académique) et professionnel (un service carrière qui nous conseille sur notre orientation et fait régulièrement venir les employeurs sur le campus). Pour les étudiants internationaux, l’Université a aussi un service spécialisé pour améliorer son anglais et discuter avec des Kiwis.

 

Au-delà des cours, le Campus de l’Université d’Auckland est réparti sur plusieurs sites. Depuis que je suis en Nouvelle-Zélande, tous mes cours/activités ont eu lieu sur le City Campus, qui se trouve en plein centre d’Auckland et en face d’Albert Park. C’est un grand campus avec pas mal d’espaces verts et qui possède, entre autres, beaucoup d’endroits pour se restaurer, un centre de sport (dont l’abonnement est gratuit pour ceux qui habitent dans une résidence de l’Université), un centre médical, et, chose à laquelle je ne m’attendais pas… une agence de voyage !

En ce qui concerne la vie étudiante, il y a, là encore, de quoi dire ! À chaque début de semestre, il y a l’Orientation Week. Des activités académiques et festives sont organisées tout au long de la semaine. L’un des évènements les plus populaires est Party in the Park, un concert organisé à Albert Park, où des chanteurs locaux et internationaux y participent.

C’est aussi un moment idéal pour rejoindre une association étudiante. L’Université en possède plus de 200 différentes : sports, politiques, langues, cultures, religions, débats, cuisines… et j’en passe! Je fais partie cette année du French Club et je m’y suis fait beaucoup d’amis, notamment Néo-Zélandais. J’ai récemment été faire du ski avec l’un d’entre eux au Mount Ruapehu, dans le sud de l’île du Nord. J’ai pu découvrir des endroits d’Aotearoa que je ne connaissais pas encore et j’en garde un très bon souvenir.

Au-delà de leurs nombre, ces clubs invitent de nombreuses personnalités. L’année dernière, le “Public Policy Club” a tenu une conférence pour célébrer le 125ème anniversaire de l’obtention du droit de vote des femmes en Nouvelle-Zélande. À cette occasion, j’ai pu y rencontrer les deux anciennes Premières Ministres Néo-Zélandaises, Helen Clark et Dame Jenny Shipley ainsi que deux membres du Parlement, Chlöe Swarbrick et Louisa Wall. Là encore, un très bon souvenir !

C’est toi le city guide, quelles sont tes bonnes adresses et bons plans à nous conseiller à Auckland ?

That’s a good but difficult question! Auckland est une ville mais c’est aussi une région. Ainsi, il y a plein de choses à faire et tout le monde peut y trouver son bonheur.

Pour ceux qui aiment être dehors, il y a de quoi se faire plaisir !

Tout d’abord, il y a de nombreux parcs et points de vue à découvrir. Je recommande notamment One Tree Hill (Maungakiekie), Mount Eden (Maungawhau), Mount Victoria (Takarunga) et North Head (Maungauika) qui offrent tous de très belles vues d’Auckland. J’ai également été au Waitawa Regional Park (qui se trouve à environ 50km du centre d’Auckland) il y a quelques semaines et je conseille vivement car les paysages sont splendides !

Ensuite, il est possible de prendre le ferry depuis le port d’Auckland et de visiter les îles aux alentours comme Waiheke Island, Rangitoto Island ou encore Great Barrier Island. Les “walking tracks” sont aussi un très bon moyen de découvrir la ville et région. Le site Internet du Auckland Council en a une liste et pour en avoir fait quelques-uns, c’est vraiment top !

Enfin, je recommande à toute personne de visiter les différents quartiers d’Auckland. C’est un bon moyen de découvrir des endroits inattendus ! J’ai personnellement une petite préférence pour Ponsonby, non seulement parce qu’il y a pas mal d’animations, mais aussi, parce que c’est là que j’ai rencontré avec des amis l’actuelle Première Ministre Jacinda Ardern, une trentaine d’heures seulement après avoir atterri en Nouvelle-Zélande !

Pour ceux qui préfèrent rester dans le centre, il y a l’incontournable Sky Tower qui permet de voir Auckland de jour comme de nuit. L’ascenseur peut nous amener jusqu’au 60ème étage de la tour et la vue d’en haut est assez impressionnante ! Pour ce qui est shopping, il y a la fameuse Queen Street, qui comporte de nombreux magasins, cinémas, restaurants … etc. Tout proche, il y a des activités culturelles comme The Auckland Art Gallery Toi o Tāmaki et un petit peu plus loin The Auckland War Memorial Museum Tāmaki Paenga Hira (qui est gratuit pour ceux qui habitent Auckland).

Qu’est ce que cela t’a apporté de faire tes études à l’étranger ? 

Tellement de choses !

Tout d’abord, beaucoup d’enrichissement ! J’ai rencontré des personnes venant des quatre coins du globe et ai pu découvrir d’autres cultures et d’autres façons de penser. J’ai pu également apprendre quelques mots de Te Reo Māori (La langue Māori) et approfondir mes connaissances de la culture Māori, qui est importante en Nouvelle-Zélande. J’y tenais beaucoup et je réfléchis même à étudier pendant 6 mois/1 an les Māori Studies à l’Université avant de commencer mon PhD en études de genre.

Ensuite, du dépassement de soi. Bien que déjà assez indépendant avant mon départ pour la NZ, j’étais assez timide. Et je pouvais aussi demander de l’aide à ma famille si je ne comprenais pas quelque chose d’administratif. En Nouvelle-Zélande, et sachant que ma famille vit à plus de 24 heures d’avion, je n’ai plus vraiment le choix, il faut que je me débrouille par moi-même 😉 Cela m’a permis de vaincre ma timidité (ou du moins une grande partie) et je me surprends même à faire des choses que je n’aurais jamais faites il y a quelques années en France !

Enfin, beaucoup de souvenirs, une maîtrise de l’anglais et une confirmation de mon projet professionnel.

Quels sont tes conseils pour celles et ceux qui envisageraient de partir comme toi ? 

De ne pas hésiter à se lancer.

La Nouvelle-Zélande est certes loin de la France et de sa famille et/ou amis. Mais c’est un pays qui a beaucoup à offrir et on y apprend énormément tant d’un point de vue personnel, académique et professionnel. C’est une expérience qui vaut vraiment la peine d’être vécue ! 🙂

Si c’était à refaire, qu’est ce que tu changerais et pourquoi ? 

Mon projet a mis des années à se réaliser et les choses se passent encore mieux que ce que j’avais pu l’imaginer ! Donc, si j’avais pu, je serai parti plus tôt.

Où te vois-tu dans 5 ans ? 

Encore à l’Université !

Voulant devenir lecturer/researcher, j’espère, dans 5 ans, être en fin de doctorat en Nouvelle-Zélande ou en début de Postdoc dans un pays Anglo-Saxon.

 

Merci à Maud pour ce beau retour d’expérience. Nous vous donnons rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle study expérience !

Pour échanger avec Maud, ainsi que d’autres étudiants partis étudier à l’étranger, RDV sur la communauté privée MyStudyEx sur Facebook !